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Consultation

Lettre 253·XVIII, folios : 175
M. de Gordes
baron des Adrets
Date non renseignée
Laval
,

Transcription

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Monsieur + [+ le XIIe de ce moys par monsieur votre fils des Adrés], j’ey receu votre lettre escrite à Thurin du VIIIe et veu le
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contenu des nouveles en iceles, des queles le seigneur Ludovic, estant
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à Pignerol le Ve, m’en avoyt fayct part. Au reste, [barré : je respondray] pour responce à votre dite
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lettre, je vous puis asseurer qu’en la porsuitte du procureur du païs ni des
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aydes de la Tour du Pin ne m’ont fayct fayre les inhibitions des
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que les les consulz vous ont envoyé le double, ains seulement la conser-
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vation de l’authorité que a pleu à sa magesté me donner en ce gouver-
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nement ; et croys que [barré : ung] le roy [barré : ny] et son conseille privé troveront
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reysonable quant ilz en sera adverti que son lieutenent
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fasse les commandemens ″ [″ de teles contributions] ; et non autre et si vous n’avés si peu après aprins
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que vous ne sachiés bien obeyr, je n’ey pas sy peu retenu
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que je veuille qu’on entrepreigne sus la charge que le roy ma donnée,
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qui meriteroys d’en estre chassé si je l’enduroys. Je n’estoys pas si
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loing de vous que ne me deussiés advertir si vouliés contribution, car
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de troys jours l’ung, si je ne vous veoys, j’avoys de voz lettres ; mays
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tant s’en fault que vous m’en escrivissiés ni parlissiés
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jamays qu’en presence de plusieurs gentishommes. Vous me dites
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que ne vouliés vivre aux despens du païs, que je trovey bien
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louable et reysonnable, d’autant que voz aviés deus meysons
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bien procheynes des lieux où se fesoyent deus de voz compagnies ;
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mays ce n’est pas en ce seul fayct que de votre authorité vous
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en estes faict croyre qui me fayct assés cognoystre qu’en
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matière d’obeyssance en mon endroyt, vous le dites, mays il
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fault sercher qui le fuasse et je ne me puys payer de telle
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monnoye ; au demeurant, il ne me souvient plus de quel
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pied je marche à l’endroyt de mes amys, car c’est à ceulx qui
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font pleisirs de les oublier et à ceulx qui les recoyvent de
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s’en souvenir ; mays puisque vous m’escrivés que vous avés marché
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de tel pied et affection à la court quand il estoyt question de quelque chose
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qui me touchat plus que si ce fut esté pour votre fayct, je vous prie me
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le fayre entendre et je vous y respondray et remercieray si par votre
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moyen j’ey receu quelque avanssement ou bienfaict, car je ne suis
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poynt costumier de ne recognoystre les plesirs qu’on me fayct,
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à moings de ne garder mes amys ; et en cest endroyt, après mes
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humbles recommandations à votre bonne grace, je prie Dieu vous donner
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très bonne et longue vie. De Laval ce XIIIIe daoust 1572